samedi 7 novembre 2009

Novembre

Je travaille maintenant depuis le 02 novembre aux urgences psychiatriques. C'est une petite équipe composée de 2 PH, 1 interne et 1 infirmière psychiatrique. Cette équipe est présente constamment aux urgences du CHU de 8h30 à 18h30 et relayée la nuit par 1 interne et 1 infirmier. Cela assure une présence d'une équipe de psychiatrie aux urgences 24h/24.
J'aime avant tout travailler avec eux, les 2 PH sont très intéressantes et j'apprends beaucoup avec elles. L'équipe infirmière est celle qui m'a guidée lors de mes premières gardes l'an dernier lorsque j'étais premier semestre, ce sont eux aussi qui me regardent grandir en tant qu'interne. Sans eux pendant mes gardes, j'aurais été 10 fois plus anxieuse.
Nous voyons les patients se présentant aux urgences, les patients hospitalisés au lit-porte des urgences et les patients hospitalisés en réanimation. Pour les autres services de l'hôpital, c'est l'équipe de psychiatrie de liaison qui s'en charge (1 PH et 1 interne).

Malgré le fait que nous voyons évidemment beaucoup moins de patients que l'équipe des somaticiens (oui, pour nous psy, tout ce qui n'est pas psy, c'est du "somatique", et donc les médecins sont "somaticiens"), une situation psychiatrique prend souvent beaucoup de temps. Déjà, un entretien dure souvent 40 minutes. Nous rencontrons également quasi-systématiquement les familles, donc il faut les appeler, les faire venir, les attendre, puis les rencontrer seuls parfois, ensuite refaire un troisième entretien avec le patient et sa famille. Une situation peut parfois prendre 3 heures avant de se résoudre. Cela paraît incroyable, et souvent, je ne me rends pas compte du temps que cela prend.
Parfois, la situation est évidente, le patient décompense une pathologie et est d'accord pour être hospitalisé. Ces situations sont plus rapides à gérer, il suffit juste de trouver une place (de moins en moins simple ces temps-ci, les lits d'hôpitaux psy étant plutôt sur-chargés en ce moment).
Parfois le patient nous paraît relativement "bien", et ce n'est qu'en rencontrant sa famille que nous en apprenons plus et pouvons alors décider d'une hospitalisation.
Restent les hospitalisation sous contraintes (hospitalisation à la demande d'un tiers c'est à dire à la demande de la famille ou d'amis ou d'éducateurs, assistante sociale... ; hospitalisation d'office c'est à dire une personne ayant mis en danger le public), qui prennent également beaucoup de temps, car il faut rassembler tous les papiers nécessaires, et conformes à la loi.

Beaucoup de patients sont renvoyés chez eux, avec les coordonnées du Centre Médico-Psychologique (CMP) de leur quartier (la psychiatrie est organisée en secteurs géographiques en France). Je trouve que c'est toujours assez anxiogène de renvoyer des patients à domicile quand ils sont à deux doigts d'avoir besoin d'une hospitalisation. Surtout que je connais très bien les délais de consultation des CMP qui peuvent être de 1 à 3 semaines. Je ne fais que déplorer l'état des soins psychiatriques, nous nous en sortons tant bien que mal, mais si les structures externes avaient plus de moyens et plus de personnel, nous pourrions aussi éviter des hospitalisations. Nous avons parfois tendance à "hospitaliser" un peu trop, dans les situations où nous savons qu'une prise en charge quotidienne à l'extérieur ne sera pas possible, mais il n'y a souvent pas d'autre alternative pour protéger le patient.

dimanche 25 octobre 2009

Pensées du jour

#1 : je ne peux pas vivre sans passion

#2 : trop de travail tue la vie sociale

#3 : jamais je ne travaillerai en unité d'hospitalisation de psychiatrie adulte

#4 : dans une semaine je serai interne depuis un an

#5 : la sur-médicalisation et la sur-psychiatrisation me font horreur

samedi 19 septembre 2009

Musica !

Samedi dernier, au bord du port de plaisance de Caen...
Mes guitaristes, je les ai vus en VRAI ! Je n'en ai pas cru mes yeux quand j'avais vu la programmation de ces concerts gratuits ! Leur jeu est très impressionant en live, et les doigts deviennent flous tellement c'est rapide...




J'ai eu la chance également de voir Emir et son orchestre :

mardi 1 septembre 2009

Schizophrénie débutante

Une garde, une nuit.
Un jeune homme d'une vingtaine d'années, amené par sa famille.
Ce soir, il a violemment cassé de la vaisselle chez lui. Ses parents étaient sortis, il jouait aux cartes avec des amis. Sa petite soeur était présente.

Je n'oublierai jamais ses yeux.
Ce soir là j'ai progressé en clinique psychiatrique d'un symptôme : le regard transfixiant.

Pendant l'entretien, j'étais seule. L'infirmier surveillait d'un oeil à travers la porte du box.
J'ai oscillé pendant tout l'entretien entre mon attitude de médecin et ma peur,archaïque, primitive devant "la folie".
Lorsque l'on ressent que l'être humain en face de soi a perdu justement une part d'humanité, cela est terrifiant. Du moins les premières fois.

Il était délirant, persécuté, avait des hallucinations auditives, était un peu agité.

Cependant il était encore conscient de ce qu'il lui arrivait, et a pu me dire qu'il en avait assez des voix, que cela durait depuis des mois, que les traitements n'avaient pas été assez efficaces, qu'il voulait tout arrêter, qu'il ne voulait pas être hospitalisé.
Comment ne pas le comprendre...

Lorsque j'ai commencé à lui parler d'hospitalisation, il m'a attaqué verbalement, et a déversé toute sa colère envers les psychiatres qu'il connaissait depuis 6 mois à peine.
Il a appuyé là où cela faisait mal.

J'étais devant une famille, qui avait un fils normal jusqu'à il y a quelques mois. Après la première hospitalisation et la diminution des symptômes, les parents avaient eu beaucoup d'espoir.
Une famille qui lentement était bouleversée...

Une mère qui m'a demandé si son fils était schizophrène (à moins de 6 mois de symptômes, on ne pose pas le diagnostic).
J'ai d'abord évité la question (difficile de répondre aux urgences dans un couloir...) mais je lui ai finalement dit devant son insistance qu'il y avait de grands risques que ce soit bien une schizophrénie.

samedi 15 août 2009

La Vèze

vendredi 14 août 2009

Cat's eyes

jeudi 13 août 2009

Le héron de la citadelle (Lille)