Un de mes premiers médicaments :
Exomuc, que je prenais toujours petite quand j'avais une rhinopharyngite ou quelque chose dans le genre
L'
eau : que je devais boire en grandes quantités et que je détestais lors de mes infections urinaires nombreuses de l'enfance
L'
aspirine : qui faisait des bulles dans l'eau et qu'on me donnait quand j'avais mal à la tête
Quand je repense à ces différents médicaments et que j'essaie de retrouver quel était mon état d'esprit avant d'être plongée dans les études de médecine... le mot « magique » me vient à l'esprit. En effet, étant ignorante du mécanisme d'action des médicaments, c'était bien une potion magique que j'ingurgitais, un comprimé ou un liquide au goût parfois bizarre (mais les choses magiques ont forcément un goût particulier sinon cela ne fait pas très sérieux).On peut dire que cette magie opère toujours, puisque l'effet placebo est responsable de 30% de l'effet du médicament. L'on sait également que l'attitude du médecin lorsqu'il prescrit le médicament influence l'effet du médicament. Sans faire de recherches particulières, il m'apparaît très intéressant de se rendre compte que le « médicament » ou autre breuvage est très ancien, et présent dans toutes les civilisations.
Par ailleurs, aujourd'hui je suis assez réticente à prendre des médicaments (alors que je ne suis pas du tout contre l'allopathie) , et je me soigne généralement très mal. Je devrais m'oindre d'onguents régulièrement pour des problèmes cutanés, mais j'ai tout simplement la flemme, me dis-je, ce à quoi me répondent mes proches : « quelques minutes par jour, ce n'est pas très difficile ». Oui, mais... Peut-être est-ce un réflexe archaïque de ne pas vouloir montrer sa faiblesse en utilisant un médicament? Ou tout simplement de ne pas accepter que son corps ne puisse résister seul face aux maladies.
Je me demande bien comment j'expliquerai à un patient, qui n'aurait jamais vu de sa vie un médicament (ou quoi que ce soit de semblable), « vous devez prendre ceci pour vous guérir ».
Tous les jours, nous prescrivons des médicaments aux patients, et ceux ci ne posent même pas de question, ils savent déjà avant de consulter qu'ils resortiront probablement avec un médicament. Même parfois certains qui n'en auraient pas besoin, exigent leur médicament.
Récemment j'étais en stage aux Urgences, et bien-sûr l'un de mes rôles était de retrouver le traitement habituel exact de mes patients. Appel des médecins généralistes le plus souvent. Car rare est le patient qui se souvient de ce qu'il prend (comme quoi la confiance règne). Il m'est arrivé souvent d'être abasourdie :
1) D'une part parce qu' 1/5 des généralistes (à vue de nez, sur une expérience minime et subjective de 3 mois d'appels) ne savent pas ce que prennent leur patient exactement, ce qui sous-entend qu'ils n'ont pas de dossier relatif à leur patient. Enfin, ce que moi, j'appelle un dossier.
2) D'autre part que certains généralistes étaient incapables de m'expliquer la raison de telle ou telle prescription
3) Enfin qu'il reste malheureusement encore trop de listes effrayantes et sans fin de médicaments (mon professeur de pharmacologie n'avait de cesse de nous répéter qu'à partir de 2 ou 3 médicaments, on était bien incapables de dire exactement leur effets, à cause de l'inconnu de l'efficacité propre de chaque médicament lorsqu'il est associé à un autre. Dans certaines spécialités, on est bien souvent amené à associer plusieurs médicaments (le quatuor beta bloquants, anti agrégants plaquettaires, statines, IEC...), mais de là à en mettre 15...
Ayant sauté maintenant par dessus la barrière, je me retrouve en position (ou du moins dans quelques mois...) d'être le prescripteur aujourd'hui. L'information sur le médicament me semble fondamentale ; et je m'en rends compte chaque jour, lorsque mes proches me posent de nombreuses questions sur leur traitement...
Edit du 06/04/08 : petit rajout photographique...
Quand je pense "médicament" en dehors de tout contexte particulier, je pense "plante" .