lundi 29 juin 2009

Psychiatrie #2

Je fouille les âmes et elles ne m'en veulent pas. J'essaie de comprendre chaque jour leur dynamique, leurs rouages complexes, leur essence... Chaque âme est unique, chacune se confie du plus profond d'elles mêmes. J'ai l'impression de n'être rien, mais pour elles je suis au bord de leur route... Parfois, quand je peux, je les aide à bifurquer. J'ai cette puissance.
Je suis toujours surprise de la facilité avec laquelle elles me parlent. Je suis hors temps. Palper l'âme se fait par intuition au départ, puis on apprend à les reconnaître, à les regarder sur toutes les coutures, à écouter leurs bruits.
Avec les enfants je m'envolais facilement avec eux sans savoir où, avec les adultes j'essaie de les faire voler.

dimanche 24 mai 2009

Et un autre...

Jamais je ne m'en lasserai



J'écoute depuis 10 ans au moins. Toujours la même émotion.

mardi 19 mai 2009

Metropolitan


Roma
par wenttosev

J'ai commencé à filmer en attendant le métro à Rome à la station Coliseum, surtout à cause de la petite musique qui provenait d'une télé, et ensuite la lumière du métro se projettant sur la voûte donne un côté magique je trouve...

mercredi 13 mai 2009

...

Cette ville me vide
Cette ville me tue
La brume flotte
Mes pensées s'arrêtent
J'ai vidé mes yeux

Figée dans un cercle où rien ne m'atteint
Indifférence
Le travail
Les gens
La ville

I don't care

Il faut que je parte

dimanche 26 avril 2009

Ne dis jamais

Ne dis jamais : c'est mon dernier chemin,
Le ciel sombre cèle des lendemains plus bleus.
Viendra notre temps chargé d'espérance,
Alors résonneront nos pas : nous voici !
Jailli de nos entrailles, non d'une plume,
Ce chant n'est pas celui de l'oiseau libre,
Il est le cri d'un peuple tout entier,
L'arme à la main dans la cité en ruine.

Hirsch Glik Sog nit keyn mol (Ne dis jamais), chant en yiddish de l'hymne du ghetto de Varsovie, dans Le livre de la Shoah.

PS / j'ai visité aujourd'hui le site de La Pointe du Hoc. Et j'ai trouvé ce poème ce soir.

mardi 7 avril 2009

Psychiatrie #1

Depuis début novembre , je suis entrée dans la grande salle de la Spécialité. Derrière moi j'ai laissé la porte entre-ouverte de mes six années de médecine, je n'ai pas voulu la claquer ni la fermer, pour laisser un petit filet de somatique flotter derrière moi. Après être entrée dans cette grande salle au plafond haut, j'ai aperçu un océan et j'ai plongé dans l'eau d'une toute petite crique. Heureusement, j'avais appris quelque peu auparavant à reconnaître l'eau et ses vagues, ses agitations et ses calmes plats, son bouillonnement de colère et ses rochers à vif.

Je suis rentrée par l'une des plus petites portes pour découvrir la psychiatrie, celle des bien ou mal-nommés (cela dépend des jours) Troubles Envahissants du Développement. Tous les pédo-psychiatres ne sont pas aptes à diagnostiquer ce trouble, et moi je commence par là. Les premières semaines, j'ai réalisé que je n'avais dû qu'effleurer quelques pourcents de la Psychiatrie lors de mes années d'externat. D'où l'océan. Les premiers staffs on n'y comprend rien. Peu à peu, on se raccroche aux petits bouts de théories traînant ci et là dans notre cerveau, et on comprend un peu. Ensuite, on achète de nombreux livres sur le sujet, et il est vaste. La pédopsychiatrie est très complexe, on y brasse la pathologie enfantine, les conditions sociales, l'éducatif... Il n'y a pas qu'un patient en face de vous, il y a les parents. Pour débuter, avoir 3 personnes d'un coup au lieu d'une seule... Faire face à 3 esprits en même temps, observer chacun tout en parlant, décoder le non verbal tout en écoutant, noter ses propres ressentis... Pendant les cours dispensés aux internes, on apprend à décortiquer un entretien, à faire avec notre subjectivité, nos intuitions, en les considérant comme importantes sans faire de conclusions hâtives, nous ne faisons qu'hypothéser... Hypothésons, hypothésons... certainement comme toutes les autres spécialités médicales, mener un entretien psychiatrique est tout un art.